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Racisme en contexte académique (R-18)

C'est un aspect des affaires académiques: l'UQAM n'est pas une institution en dehors du monde. Le racisme ne s'arrête pas au pavillon Hubert-Aquin pour rester dans le rue. 

Certes, le racisme en contexte académique n'est généralement pas tonitruant, il n'est pas ouvertement haineux. C'est plus un racisme ordinaire, systémique, qui se cache sous les principes de l'application froide des règlements et de la méritocratie.

Exemple #1 

Le racisme académique que j'ai rencontré le plus souvent prend une forme assez facilement reconnaissable. L'enseignant·e fait un signalement pour triche et ça vise une personne racisée, généralement, un·e étudiant·e qui a un statut précaire.

Le signalement est fait sans aucune discussion, on prend pour acquis que la personne a triché, on lui parle pas, on lui donne pas d'avertissement, rien. Ça tombe bien pour l'enseignant·e, le signalement au R-18, le débarasse de devoir faire face à la personne qu'il ou elle a signalé.  

Ce genre de signalement reprend un trope de l'imaginaire raciste : la personne racisée qui vole. La preuve que l'enseignant·e adhère à ce trope raciste : il ou elle n'a pas daigné discuter ou avertir avant de signaler. 

Lorsque la personne a un statut ou un visa précaire, cela revient à obliger un·e étudiant·e à être mis·e en défaut de renouveller son visa. L'immigration met des bâtons dans les roues et l'enseignant·e est complice.

Exemple #2 

Le racisme académique méritocratique prend la forme d'une double punition. Au nom d'un idéal de rigueur, parce qu'ils et elles n'ont pas bien utilisé les normes de présentations des travaux ou qu'ils et elles ont mal cité, l'enseignant colle un plagiat. 

Or, et c'est là où on peut dire qu'il y a du racisme académique, l'enseignant en rajoute en faisant couler également le travail. Il le nomme dans un courriel où il explique son signalement ou il l'indique d'une façon ou d'une autre.

Il y a donc une double punition : d'un côté on dit que les étudiant·es ont fraudé (qu'on ne peut les corriger pour cette raison) et de l'autre on dit qu'on peut les corriger et qu'ils ont coulé. Cette double punition est un excès de hargne qui cache un racisme académique. Généralement, l'enseignant·e utilise des arguments méritocratiques pour justifier sa double punition. Il dit que « ces gens » ne méritent pas d'aller à l'université.

Comment recevoir un plainte qui ressemble à ça ?

Tout d'abord Il faut faire attention à ne pas immédiatement crier au racisme, mais il faut aussi l'énoncer clairement quand on le voit, quand on voit qu'il y a une forme d'acharnement de l'enseignant·e qui s'explique mal. 

Il m'est arrivé d'accompagner des gens qui vivent des situations de la sorte. Quand je sens qu'il y a possiblement un problème de cet ordre, je demande à rencontrer la personne en présence. Ensuite, je discute un peu. Il m'arrive alors de rencontrer les éléments nommés plus haut ce qui m'amène à dire à la personne qu'il y a un historique de racisme avec le R-18.

En nommant clairement le racisme, il peut y avoir toute sortes de réactions. Souvent, la personne a le corps qui se relâche d'un coup. On était tendu et là, ça disparaît, ça répond à une question qu'elle n'osait poser. Parfois, il m'est arrivé d'être pris à parti. En nommant la chose, on m'a dit «vous à l'UQAM vous êtes si, vous êtes ça», on s'adressait à ma blancheur, je devais recevoir sa colère, l'acceuillir sans juger.

Ça peut être épuisant de recevoir ça si on est pas prêt ou si on a pas une idée claire dans sa tête. C'est pourquoi il est important de chercher à politiser la chose et de faire du bruit. 

Les cas de lutte au racisme académique ce sont des cas importants et il faut être là pour les gens, il faut les accompagner dans le processus qui peut aller jusqu'à des plaintes à l'ombudsman, des rencontres avec le département, des prises de parole dans les cours par les étudiant·es concerné·es, des poursuite au civil contre l'UQAM.